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COVID-19 : un vaccin efficace va-t-il bientôt voir le jour ?

Comme vous le savez, cette année 2020 est malheureusement marquée par une dangereuse pandémie. La Covid-19, apparue à la fin de l’année 2019 en Chine centrale, s’est peu à peu propagée dans le monde entier. Le 14 novembre, le nombre total de cas de Covid-19 enregistré dans le monde s'élevait à plus de 53 millions, et déjà plus d’un million de malades en sont décédés. Face à ce virus destructeur, la priorité pour les scientifiques est de stopper la pandémie, et de nombreux laboratoires seraient susceptibles de présenter un vaccin efficace d’ici peu.



Qu’est-ce que la COVID-19 ?


Le virus à l’origine de la maladie, le SRAS-CoV-2, est un virus à ARN appartenant à la famille des coronavirus. Généralement, ces derniers sont associés à des maladies bénignes comme le rhume ou la grippe, mais peuvent aussi être asymptomatiques. Depuis le début des années 2000, trois ont été à l’origine d’épidémies mortelles : le SRAS-CoV (2003), le MERS-CoV (2012) et le SRAS-CoV 2 (2020).


Le Syndrome Respiratoire Aigu Sévère (SRAS-CoV) est le premier coronavirus à avoir entraîné la mort d’un homme. Il infecte les cellules en se fixant à leur surface, grâce à la protéine Spike, sur le récepteur ACE2 que l’on retrouve notamment dans les poumons. Ce dernier est impliqué dans de nombreuses fonctions vitales pour l’organisme (cardiovasculaires, pulmonaires, rénales), en conduisant notamment à la production de l’angiotensine 1-7, peptide responsable de la vasodilatation. En se fixant à ce récepteur, le coronavirus modifie la balance vasoconstriction/vasodilatation et donc la maintenance du volume et du débit artériel, conduisant à une hypertension artérielle du malade. On retrouve souvent chez les patients des micros-embolies des vaisseaux sanguins au niveau des poumons, entraînant une baisse en apport d’O2. Cette particularité des malades de la Covid-19 encore méconnue au mois de mars, permet de mieux les soigner et d’éviter pour certains l’aggravation de leur cas en leur administrant des anticoagulants. De plus, les infections pulmonaires liées à la Covid-19 semblent être provoquées par une réaction inflammatoire excessive de notre organisme, entraînant l’accumulation de liquides dans les bronches et donc une dyspnée pouvant entraîner la mort. Malheureusement, son mécanisme exact reste encore peu connu.



Un espoir de vaccin d’ici peu ?


C’est en tout cas ce qu’annoncent de nombreux laboratoires. Selon la London School of Hygiene and Tropical Medicine, 259 candidats vaccins seraient à l’étude, et parmi eux 10 seraient déjà en phase 3. Ces essais de phase 3 permettent de tester les candidats à grande échelle (> 10000 personnes) afin de mesurer la réponse immunitaire sur une population plus étendue et plus variée.


Le géant Pfizer, en collaboration avec le laboratoire BioNTech, a annoncé hier que leur candidat vaccin à morceaux d’ARN BNT162B2, en phase 3 depuis le 27 juillet 2020, serait efficace à 95%. Il affirme que la protection des patients a été obtenue seulement sept jours après la deuxième des deux injections, et 28 jours après la première. L’essai étant terminé, et le vaccin ayant une bonne efficacité et une bonne tolérance, le laboratoire devrait déposer le dossier auprès des autorités (aux États-Unis et en Europe) dans quelques jours. Seule ombre au tableau, le vaccin doit être conservé à -72°C dans des super congélateurs encore rares et chers.


Lundi, le laboratoire Moderna Pharmaceutics a affirmé dans un communiqué de presse que son vaccin est efficace à 94,5%. Comme celui de Pfizer, le vaccin mRNA-1273 est basé sur la même technologie : un ARN messager administré en deux injections. Il a été testé sur plus de 30000 personnes et a même prouvé son efficacité sur des malades atteints du Covid-19. Aucun effet secondaire grave n’a été signalé, même s’il provoque quelques désagréments (fatigue, maux de tête, douleurs), et le vaccin pourra être conservé au réfrigérateur. Le laboratoire prévoit de produire 20 millions de doses aux États-Unis d’ici la fin de l’année et jusqu’à 1 milliard en 2021 dans le monde entier.


Le directeur général d’AstraZeneca, Pascal Soriot, a déclaré que son vaccin à base d’un vecteur viral non réplicable contre le coronavirus pourrait très prochainement être prêt à l’emploi. Il serait en effet en attente d’approbation réglementaire par les autorités de régulation. Son candidat vaccin, l’AZD1222, est considéré comme l’un des plus prometteurs. Il aurait en effet généré une activité neutralisante contre le virus du Covid-19 de plus de 90% lors des essais de phase 2. Il provoquerait une multiplication par quatre des anticorps dirigés contre la protéine Spike du SRAS-CoV-2 chez 95% des patients un mois après injection et jusqu’à 100% après une deuxième injection. Les essais de phase 3 ont quant à eux débuté en septembre, mais suite à un souci de santé de l’un des participants, ils ont dû être momentanément suspendus. Après investigation, le problème du malade n’a pas été provoqué par le vaccin, et l’essai a finalement repris le 12 septembre. Le laboratoire annonce que son vaccin pourrait voir le jour d’ici la fin de l’année.


Enfin, partout dans le monde, les laboratoires testent d’autres pistes de vaccin. En Chine, le laboratoire Sinopharm en collaboration avec les instituts de Pékin et de Wuhan a lancé en essai de phase 3 deux candidats vaccins contenant le virus inactivé. Quant au laboratoire français Sanofi, il devrait lancer la phase 3 de son candidat vaccin d’ici peu.



Une nouvelle piste de vaccin encore non explorée ?


Le samedi 14 novembre, une équipe de scientifiques internationale dirigée par l’Université de Bristol en Angleterre, a annoncé qu’elle venait de découvrir un nouveau récepteur ciblé par la protéine de point Spike du SRAS-CoV-2. Ce second récepteur, la neuropilline-1, stimule de nombreuses fonctions comme la prolifération cellulaire, l’angiogenèse ainsi que la tolérance immunitaire. C’est à cause des capacités de ce récepteur que sa liaison avec le SRAS-CoV-2 permettrait au virus de se propager plus rapidement, et donc d’accélérer l’infection virale.


Les chercheurs de Bristol indiquent aussi qu’en utilisant des anticorps monoclonaux, ou tout simplement un médicament bloquant l’interaction Spike/neuropilline-1, ils seraient parvenus à réduire la capacité du SRAS-CoV-2 à infecter la cellule. Cette découverte constitue une avancée majeure dans la recherche de thérapies antivirales et de vaccins contre la Covid-19, et un potentiel nouveau vaccin ciblant cette interaction pourrait à ce titre bientôt être testé.


Marie ROUSSEAU


Sources : INSERM, Les Echos, Pfizer, RTBF, Industrie Pharma, ScienceMag

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