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EPIDEMIES MONDIALES : COMMENT SE SONT-ELLES FINIES ?

Depuis maintenant plus de deux ans, nous sommes en pleine pandémie mondiale.

La COVID-19 est au centre de toutes les discussions.

Aujourd’hui, nous espérons tous une sortie de cette pandémie. Tout d’abord, grâce aux vaccins qui nous protègent de façon considérable des formes graves de la maladie, mais également grâce aux nombreuses mutations qui ont pu se produire au cours du temps.

Le variant majoritaire actuel est l’OMICRON qui, on le sait, est moins virulent que ses prédécesseurs.


Cependant, la COVID-19 est loin d’être la première pandémie. Dans l’histoire, de nombreux agents infectieux sont apparus, parfois extrêmement meurtriers. Les vaccins n’existaient pas encore, ni même les connaissances actuelles, les tests ou encore les masques…

A une certaine époque, on pensait même que c’était la colère de Dieu. La notion d’infection est assez récente. Alors quelles étaient les épidémies majeures que l’humanité a connues et comment étaient-elles gérées ?


La peste d’Athènes (-430 à -426 avant J.C)


Il s’agit de la première pandémie documentée de l'histoire, la peste d'Athènes est en fait probablement due à une fièvre typhoïde. La maladie se manifeste par des fièvres intenses, des diarrhées, des rougeurs et des convulsions. Venue d'Éthiopie, elle frappe ensuite l'Égypte et la Libye, puis arrive à Athènes au moment de siège de ville de Sparte, lors de la guerre du Péloponnèse. On estime qu'un tiers de la ville, soit 80.000 habitants, vont périr lors de cette épidémie qui marquera le début du déclin d'Athènes.

Les faits sur cette maladie sont en majorité rapportés par Thucydide. Il évoque la notion de contagion. L’immunité collective a donc été la triste issue de cette épidémie qui fut un vrai effondrement social.


La peste Antonine (165-180)


Là encore, cette pandémie n'est pas due à la peste mais à la variole. Il s’agit d’une des épidémies les mieux documentées de l’Antiquité. Elle tient son nom de la dynastie des Antonins, dont est issu l'empereur Marc-Aurèle, qui régnait alors sur l'empire romain. La pandémie débute à la fin de l'année 165 en Mésopotamie, durant la guerre contre les Parthes et atteint Rome en moins d'un an. Selon les estimations proposées par Littman, la peste Antonine avait une mortalité moyenne de 7 à 10 % avec des pics supérieurs à 15 % en zone urbaine, avec un total de peut-être 7 à 10 millions de morts supplémentaires entre 166 et 189 pour une population totale de l'Empire estimée actuellement à 64 millions d'habitants en 164. Cela affaiblira considérablement la population romaine. La variole, causée par un virus et caractérisée par des croûtes rougeâtres, des diarrhées et vomissements, a été déclarée éradiquée en 1980.

Là encore, l’immunité collective a donc sorti la population de cette épidémie et non sans morts.



La peste noire (1347-1352)


Après avoir sévi en Chine, la pandémie de peste noire arrive en 1346 en Asie centrale, parmi les troupes mongoles assiégeant le port de Caffa, sur la mer Noire, tenu par des marchands génois. La maladie, se manifestant par d'horrible bubons, se propage ensuite à l'Afrique du Nord puis à l'Italie et à la France, où elle arrive par le port de Marseille via des navires génois.

En quelques années, la peste noire tue plus d’un tiers de la population des pays touchés, avec un taux de mortalité qui grimpe à plus de 50% dans les grandes villes surpeuplées, comme Paris, Londres ou Hambourg - et jusqu’à 80% à Florence. Face au fléau, tous les remèdes de la médecine médiévale (incisions des bubons, saignées, isolement des malades) sont inopérants. Faute de trouver une explication rationnelle à la pandémie, les populations touchées par la peste se tournent vers le spirituel, et interprètent la peste comme un châtiment divin. Le milieu du XIVème siècle est ainsi marqué par une flambée de phénomènes d’hystérie collective, comme les processions de flagellants, qui se mutilent en public pour faire pénitence.

Les populations martyres se trouvent également des boucs émissaires. Les massacres antisémites se multiplient en Europe occidentale et centrale, culminant le samedi 14 février 1349 à Strasbourg, où 900 à 2 000 Juifs sont brûlés vifs. Les musulmans sont également pris pour cible, de même que les mendiants, les pèlerins, et plus généralement les étrangers, accusés d’introduire volontairement la peste dans les communautés, en attirant le Malin ou en empoisonnant l’eau des puits.


En plus du bilan humain lourd, ce fut une tragédie pour l’Europe sur tous les aspects (social, religieux, économique…)



La grippe espagnole (1918-1919)


Causée par un virus de type A H1N1 particulièrement virulent, la grippe espagnole est en réalité d'origine chinoise. Elle arrive ensuite aux États-Unis, puis traverse l'Atlantique par les soldats venus aider la France. Si elle est qualifiée de grippe espagnole, c'est parce que le pays, non soumis à la censure et à la guerre, fait état des premières nouvelles alarmantes.

Les symptômes sont des courbatures, de la fièvre, des maux de tête, une grande fatigue, de la toux ou encore des difficultés à respirer.

Lorsqu'elle s'éteint, en avril 1919, le bilan est effroyable. La grippe espagnole a tué 20 à 30 millions de personnes en Europe et jusqu'à 50 millions à l'échelle mondiale, n'épargnant pratiquement aucune région du globe. On estime qu'un tiers de la pollution mondiale a été infecté.

Elle s’est arrêtée grâce à deux éléments : l’immunité collective (plus de la moitié de la population a été infectée), ainsi que la mise en place de gestes barrières.



Le choléra (1826-1832)


Endémique depuis plusieurs siècles dans le delta du Gange en Inde, le choléra gagne la Russie en 1930, puis la Pologne et Berlin. Il débarque en France en mars 1832 via le port de Calais, puis arrive à Paris. En seulement quelques jours, entre le 26 mars et le 1er avril, le choléra a déjà infesté toute la capitale. Les cadavres des victimes frappées par cette mystérieuse maladie s’accumulent et la peur se répand plus vite encore que le choléra lui-même. À Paris, les rues sont désertes, les échoppes closes.

Se manifestant par des diarrhées brutales et des vomissements, le choléra (dont on ne connait alors pas la cause, la bactérie Vibrio choleræ) entraîne une déshydratation rapide, aboutissant parfois à la mort en quelques heures. L'épidémie causera près de 100.000 morts en moins de six mois en France, dont 20.000 à Paris. Elle va ensuite gagner le Québec via les immigrants irlandais, où elle fera également des ravages.


La grippe asiatique (1956-1957)


Liée au virus influenza H2N2, la grippe de 1956 est la deuxième pandémie grippale la plus mortelle après celle de 1918. Elle causera deux à trois millions de morts dans le monde, dont 100.000 dans l'Hexagone, soit 20 fois plus qu'une grippe saisonnière classique. Partie de Chine (d'où son nom), le virus gagne Hong Kong, Singapour et Bornéo, puis l'Australie et l'Amérique du Nord avant de frapper l'Europe et l'Afrique. Il va muter quelques années plus tard en H3N2 pour provoquer une nouvelle pandémie en 1968-1969, surnommée « grippe de Hong-Kong ». Cependant, il s’agit d’une épidémie oubliée. D’abord, on relativise. « La grippe asiatique ne doit pas provoquer d'affolement », titre l’édition du 21 septembre 1957 d’Oise-Matin. La veille, L'Aurore s’inquiétait de la possibilité que la grippe fasse plus de dégâts par ses « conséquences économiques que par son action sur la santé des individus ». Si les données agrégées font défaut, les écoles et les principaux services publics constatent en effet la montée de l’absentéisme lié à la grippe. À leur image, les usines tournent bientôt au ralenti. Alors, en septembre, le docteur Peretti, conseiller municipal de Paris, propose de « renvoyer à une date ultérieure la rentrée scolaire, l'école étant un foyer de contamination par excellence ». Seulement relayée par Le Figaro, la proposition est ignorée.

Un vaccin est promis. Il arrive tardivement, après le pic de l’épidémie, et à vrai dire, il n’est guère performant. Ce virus-là, un H2N2, diffère grandement de la grippe espagnole de 1918, un H1N1. La recherche a échoué et les autorités renoncent finalement à une campagne de vaccination massive pour des raisons logistiques.



Le sida (1981-aujourd’hui)


Originaire de Kinshasa (République démocratique du Congo), le virus du sida apparaît au grand jour en 1981, lorsque l'agence épidémiologique d'Atlanta, aux États-Unis, alerte sur des cas inhabituels de pneumocystose (une pneumonie rare présente chez les patients immunodéprimés). Le VIH n'est identifié que deux ans plus tard, en 1983, par une équipe de chercheurs de l'Institut Pasteur dirigée par Luc Montagnier. Au plus fort de l'épidémie, dans les années 2000, deux millions de personnes succombent chaque année du virus. 36,9 millions de patients vivent aujourd'hui avec le VIH , mais les traitements antirétroviraux ont permis de réduire considérablement la mortalité.



Ceci ne représente que des vagues d’épidémies, mais l’éradication de la maladie s’est fait grâce aux vaccins, aux antibiotiques et aux traitements adaptés.

Un agent infectieux contamine souvent par vague. Pour l’éradiquer, il faut beaucoup de travail et de recherche pour trouver les traitements adaptés, ou les vaccins adéquats.



Lydia Kechemir


Sources : Institut Pasteur; National Geographic; Futura Sciences

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